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    Drapeau bleu, blanc, rouge dessiné à la craie pour indiquer l'endroit où le chef de l'Etat doit se positionner, à Issy-les-Moulineaux, le 13 février 2012.Du Cou Dv3146 Pull Adidas Ras Rugby SweaterBleu Originals DYEH9I2W Photo Marc CHAUMEIL pour Libération.

    Le politicodico (2/5). «Libération» se penche sur les termes repris en boucle dans le discours public. Aujourd’hui, l’historien Nicolas Offenstadt étudie le «patriotisme».

    Au PS et à l’UMP, on refuse à Marine le Pen le monopole du terme patriote. La récente percée électorale du FN a rendu ce débat d’autant plus virulent. Maître de conférence à l’université Paris-I Panthéon-Sorbonne, l’historien Nicolas Offenstadt (1) est notamment spécialiste de la Première Guerre mondiale.

    Dans quelle tradition historique et politique le mot patriote trouve-t-il ses racines ?

    Le terme de patrie (qui vient de Flight Kith X Grey Hoodie Nike 5R4qAjL3pater, le père) est d’origine antique. L’adjectif patriote-patrioticus est utilisé au Moyen Age dans différents sens pour qualifier une communauté, une circonscription, un pays. Par ailleurs, tout un courant historiographique voit dans la fin du Moyen Age [XIVe-XVe siècles, ndlr], en gros l’époque de Jeanne d’Arc, celui de la naissance du patriotisme, entendu comme un attachement fort à son pays, la nation. Comme l’écrit l’historien Ernest Lavisse, grand homme de la IIIe République savante : «Le patriotisme est né en France pendant la guerre de Cent Ans», ce qui est discutable. Le XVIIIe siècle et la Révolution française lui donnent une force politique nouvelle autour des idéaux de la nation souveraine mais, à l’époque même, il porte plusieurs sens. Nation et citoyenneté se rejoignent.

    Quelle différence entre patriotisme et nationalisme ?

    Aujourd’hui, on a tendance à employer patriotisme plutôt dans le sens positif d’attachement-amour de sa patrie, et nationalisme pour désigner des mouvements d’exaltation politique de la nation, porteurs de clivage et d’exclusion (eux et nous). Parfois, on qualifie ce dernier de «nationalisme égoïste» ou de «nationalisme extrême». Mais ce n’est qu’un schéma, car tout cela a varié selon les époques. Par exemple, à la fin du XIXe siècle la Ligue des patriotes de Paul Déroulède porte un nationalisme revanchard, et les républicains auparavant dénonçaient le «patriotisme exclusif».

    Mais le mot est aussi utilisé par le Parti communiste, notamment en référence à la Résistance…

    Oui, tout à fait. La gauche s’est longtemps inscrite dans une tradition patriotique, au XIXe siècle en particulier, quand la droite en faisait moins usage. La Commune de Paris, en 1871, l’illustre. En France, cela tient en particulier à la possible adéquation entre la patrie et la République, vue comme émancipatrice, autrement dit entre une forme politique et-ou morale et une communauté. Ces mots font l’objet de lutte de sens, comme entre la collaboration et la Résistance sous l’occupation.

    En quoi le patriotisme de gauche est-il différent du patriotisme de droite ?

    Tout dépend des époques et des contextes, de la place de chacun dans sa famille politique. Le sarkozysme a donné une tournure militante et à tendance xénophobe au patriotisme de droite, celui de la gauche reste plus ouvert, même avec les rodomontades de Manuel Valls ou le retour de discours germanophobes dans la bouche d’Arnaud Montebourg en 2011.

    Pourquoi le mot patriote a-t-il réinvesti le discours public ? Est-ce un signe de repli identitaire ?

    Il ne l’a jamais vraiment quitté, mais il est évident que les crises économiques successives et les difficultés multiples de la construction européenne changent son usage. Sans doute sommes-nous aujourd’hui confrontés à des jeux d’échelles plus mouvants entre la région (renouvelée avec l’Europe), la nation, l’Europe, le monde… Ce qui conduit les acteurs politiques à se replier sur des repères qui peuvent sembler les plus traditionnels ou les plus rassurants, d’autant plus que, sur ce terrain, les extrêmes droites montrent leur force.

    Le drapeau français est-il le principal atour du patriotisme ?

    Non, pas seulement. Disons qu’il a été largement instrumentalisé depuis une dizaine d’années, en particulier lorsque Sarkozy était ministre de l’Intérieur, pour durcir le discours nationaliste. En 2003, une loi est votée qui sanctionne d’une amende et d’une peine d’emprisonnement le délit d’outrage au drapeau tricolore et à l’hymne national. Dès lors, les prises de position à cet égard vont se répéter. La multiplication de ces discours d’adhésion aux symboles ne me semble pas témoigner d’une évolution positive de l’espace public en France.

    Croyez-vous à l’émergence d’un patriotisme européen ?

    L’historien n’est pas apte à éclairer le futur. Mais on peut constater le développement d’une écriture de l’histoire qui cherche à bâtir un «roman européen», c’est-à-dire un grand récit de l’histoire de l’Europe qui force les continuités et valorise les moments héroïques, comme les nations l’ont fait au XIXe siècle. Avant même la création de la Communauté européenne [par le traité de Rome en 1957, ndlr], il y a eu de nombreuses tentatives de penser l’Europe comme entité affective et politique, par choix de civilisation ou encore par pacifisme, comme après la Grande Guerre. Reste qu’il me semble difficile d’encourager une Europe politique et populaire, un «sentiment d’appartenance» tout en exaltant le national chaque fois que cela paraît utile parce que l’on a peu de prise sur le reste ou que les partis nationalistes augmentent leur score aux élections.

    (1) Auteur avec André Loez de «la Grande Guerre, carnets du centenaire», éd. Albin Michel, 2013.

    Jonathan Bouchet-Petersen
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